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Vendre des savons dans un événement d’envergure – septième partie, les coulisses et l’après événement

Dans ce dernier d’une série de 7 articles, je vous raconte mon expérience de vente de savons à l’édition 2015 et 2016 d’un événement d’envergure (12 jours sous un grand chapiteau partagé avec 150 autres artistes et artisans de la province) sous plusieurs aspects. J’ajoute parfois des anecdotes ou photos provenant d’autres événements, mais toujours en lien avec le cœur du message.

Septième partie, les coulisses

En coulisse d’un événement de ce genre, il se passe des anecdotes, mais aussi des moments inattendus. Lorsque l’on investi temps, argent et sa passion dans quelque chose d’aussi exigeant que la préparation d’un événement d’envergure, pour soi, il va certainement se passer des choses positives et parfois oui négatives.

Dans cet article je vais essayer de vous résumer un peu toutes ces journées, de mon point de vue et après avoir pris un peu de recul.

Est-ce que ça valait la peine?

Tout de go, je dirai oui. Pour les deux années.

En repensant à toute l’expérience acquise et aux belles rencontres faites, tant du côté des clients que des autres artisans. Il y a eu des moments de pur bonheur. Imaginez: c’est l’été, à Québec, sous une tente, et j’offre aux gens le résultat de ma passion. Comment ne pas être heureux!

Ce sont ces moments de bonheur, composé d’un mélange de fierté et d’accomplissement, qui demeurent à l’intérieur de soi pendant des mois voir des années. Ces moments pèsent très lourd dans ma balance.

Par contre, si on regarde du côté financier, ma première participation à cet événement ne m’a permis aucun profit.
Ma deuxième participation elle, fut encore moins profitable.

Conclusion: en regardant seulement d’un point de vue monétaire, cet événement particulier n’a pas valu la peine à court terme.
Pour le moyen terme, je suis encore à évaluer.

Comment ça s’est passé sur les médias sociaux?

Je dirai plutôt tiède. Pour un événement de cette ampleur, il y avait peu voir pas de médias sociaux de présents à la première édition. Ou s’il y en avait, la couverture des artisans n’était pas uniforme ou structurée. Ce n’est pas le fer de lance des organisateurs.

À cet effet, après ma première participation, j’ai transmis au comité organisateur une lettre de commentaires concernant plusieurs sujets, notamment justement les médias sociaux.

Et la deuxième année?

De toute évidence, les côtés négatifs n’ont pas été aussi lourds que les côtés positifs.

J’ai voulu recommencer une deuxième année, afin de vivre pleinement chacun des moments. Toutes les étapes énumérées dans tous ces articles, je voulais les vivre complètement, en y retirant tout ce qui était possible de vivre.

C’est comme ça que l’on améliore un processus. En bonus, j’ai eu le temps d’en profiter avant et d’exercer ma patience dans l’expectative d’un autre été sous une tente.

La tente, quelques jours avant la mise en place.
La même tente, vue de l’extérieur. L’attente.

Grosse différence par contre pour la deuxième année: il y avait deux événements prenant place en même temps. J’ai du laisser à d’autres le soin de s’occuper du kiosque. Une fois le choc passé, il faut agir, trouver des solutions. Le plus difficile, c’est l’organisation. Une fois que l’engrenage est parti, tout va pour le mieux. Il faut se faire confiance et prendre le plus vite possible les mesures nécessaires combler les vides. La deuxième année, j’ai appris qu’il n’y a rien d’impossible.

Autre leçon apprise: il y aura toujours des gens généreux et enthousiastes pour aider.

Apprendre à vivre sous le climat

Aux Fêtes de la Nouvelle-France, j’ai vécu la vie dans un four. Il faisait dans mon échoppe cuisant sous le soleil, au moins 40 degrés (Celsius). J’ai sué tout ce que j’avais de fluide à l’intérieur de mon corps. Imaginez: en costume d’époque, dans une échoppe au gros soleil du mois d’août.

L’été, à Québec, vue de mon échoppe.

Cette expérience m’a rendue plus forte. Une journée au marché par la suite n’était pas si difficile.

Le plus drôle, c’est que j’écris ces lignes en plein mois de janvier et je m’ennuie de ces magnifiques journées de soleil, de chaleur et de bonheur. Moi qui a été longtemps bénévole pour le Carnaval de Québec, qui bat son plein durant les semaines les plus froides de l’année, j’ai hâte à l’été!

La rue Marchande des Fêtes de la Nouvelle-France, été 2016

L’après événement ou l’envers de la médaille

Longtemps je me suis demandé si je rendrai publique cette situation, vécue lors de ma deuxième année d’exposition. J’écris ces lignes en ayant pris soin de prendre du recul, de bien analyser la situation et de la relater avec le plus d’objectivité possible.

Cette deuxième année, il y a eu une situation plus difficile à vivre, comme par exemple le fait que le comité organisateur de l’événement n’a pas jugé bon de m’informer que ma principale concurrente serait dorénavant dans la même tente que moi. Lors du tirage au sort, j’ai été informé que nous serions 3 savonnières, chacune dans notre tente. Puisque j’ai choisie la dernière, j’ai pris l’emplacement qui restait, puisque les deux autres savonnières avaient choisies avant moi. J’ai choisi une grande tente et un emplacement correspondant à l’endroit le plus stratégique pour moi, au meilleur de ma connaissance et avec l’aider de la personne responsable de l’assignation des emplacements.

Au risque de me répéter, lorsque vous vous investissez pratiquement corps et âme dans votre entreprise, c’est parce que vous voulez réussir. Bien évidemment, il y en a d’autres dans votre domaine qui veulent la même chose. Eux aussi veulent réussir. Et parfois, des gens veulent tellement réussir que la SEULE façon de le faire à leur yeux, c’est en écrasant ceux qui se trouvent sur leur chemin.

L’autre savonnière, a donc demandé de changer de place au comité organisateur. Elle a demandé ce qu’elle voulait et c’est tout à son honneur. D’un autre côté, l’organisation se doit d’être juste pour tout le monde. Ils n’ont pas cru bon de m’informer du changement de place de cette compétitrice. Ils ne m’ont pas ni transmis de courriel, ni appelé, ni transmis l’information d’aucune façon possible. Ils ont préféré laisser faire.

Avoir connu cette situation, j’aurai demandé de savoir quelles étaient mes options. Je n’ai jamais eu cette possibilité.

Ainsi, à mes yeux, ce comité organisateur a manqué à son devoir. De plus, et ce détail est important, les produits offerts par cette compétitrice NE SONT PAS CONFORMES aux lois fédérales en ce qui concerne la vente de cosmétiques. Le comité organisateur connait les lois et doit s’y soumettre. Ce ne fut pas le cas.  À mes yeux, ce comité organisateur encourage la médiocrité. Ce comité avait le temps et la possibilité de bien faire les choses et non, ils ont décidé de ne rien faire, pire, de fermer les yeux.  Ce comité organisateur mérite de savoir ce que j’ai vécu, et moi, je me dois de leur faire savoir MES faits, et les impacts aux multiples niveaux (monétaire, motivation, sensation d’injustice, etc.) que leur immobilisme et leur médiocrité a eu sur MON travail et sur celui de tous ceux qui ont bien voulus m’aider.

Finalement, comme vous pouvez vous en douter, par leur immobilisme ce comité organisateur m’a fait vivre une expérience teintée d’un arrière-goût amer.

Ce que je ne me suis pas gênée de leur dire, d’abord face à face et ensuite par courriel.  Dans ce courriel, j’ai remercié le comité organisateur de m’avoir donné tout ce qu’il me fallait pour prendre la bonne décision pour moi, c’est à dire, de ne pas y retourner pour une troisième édition.

Ce même comité organisateur n’a pas jugé bon de me répondre.

Conclusion

J’ai mis énormément d’heures à la préparation de ces événements. Comme tout artisan. Je l’ai fait parce que je me suis donné le défi de le faire et d’en profiter. Je voulais partager ma passion et me faire connaitre. J’ai investi mon propre argent dans l’histoire. Je suis capable de financer ma compagnie par le travail que j’effectue au gouvernement du Québec.

Je m’attendais à être traitée de façon juste et équitable par une équipe professionnelle. Ce ne fut pas le cas. Lorsque j’ai demandé des explications, j’ai eu de plates excuses, en plus de me faire dire que j’étais émotive. Une fois l’événement terminé, j’ai pris la peine de leur transmettre tous les faits par écrit et je n’ai pas eu de réponse.

Vous comprendrez que ce ne fut pas agréable. Ni pour moi, ni pour mon entourage, ni parfois, pour les clients. J’en profite ici pour m’excuser sincèrement. Cette expérience a été difficile pour moi et je fais amende honorable de mon comportement durant cette période.

Les leçons apprises

Si vous avez une entreprise et que vous vivez des moments difficiles, sachez que vous n’êtes pas seuls. Vous donnez tout ce que vous pouvez dans quelque chose que vous croyez. Vous jouez selon les règles, vous foncez avec tout ce qui est fort en vous.

Et parfois, vous tombez.

Oui, ça arrive. La vie nous rentre dedans.

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Et ça fait mal. Très mal. Tellement mal que c’est difficile de respirer. C’est difficile de reconnaître que la beauté existe autour de soi. C’est difficile de croire que cette sensation de vertige passera un jour. C’est difficile de même croire que la justice existe encore. C’est difficile de croire que l’on peut réussir si on fait les choses de la bonne façon.

On a même le goût de ne plus jouer selon les règles. On a le goût de foncer dans tout ce qui bouge et de nous aussi, devenir médiocre. De toute façon, ils réussissent parce qu’ils le sont! Pourquoi devrais-je me forcer à suivre les règles si je veux réussir?

Il arrive même, que l’on a plus le goût de jouer DU TOUT.

Ça fait mal à ce point.

C’est dans ce temps-là que votre entourage est votre bien le plus précieux. Si vous avez autour de vous des gens qui vous écoutent, des gens qui vous écoutent et vous comprennent, des gens qui vous écoutent vous comprennent et vous aident à vous en sortir, non seulement vous devez les remercier d’être là et de leur rappeler souvent, mais en plus, vous avez tout ce qu’il vous faut pour trouver la force de recommencer.

Car si vous souffrez autant c’est parce que avez cru en quelque chose. Vous avez décidé d’agir. Vous avez échoué, certes, mais parce que vous avez essayé.

Et parce que vous avez déjà essayé, il y a à quelque part en vous, la force de recommencer. Il y a quelque part en vous, la force d’avancer. Un pas à la fois certes, mais un pas tout de même.

Et cette fois-ci, vous serez plus sage. Cette fois-ci, vous poserez des questions. Beaucoup de questions.

Cette fois-ci, vous prendrez les bonnes décisions.

Ce que cette expérience m’a donné, c’est le goût de continuer, mais en étant beaucoup plus avisée. Plus prudente. Plus forte.

Lorsque ces deux événements se sont terminés, j’étais à la fois heureuse d’avoir accomplie le défi, amère de l’injustice et complètement sonnée d’avoir eu en moi la force d’être passée au travers.

La preuve:

Photo prise à la quatrième journée de mes vacances. Je suis encore sous le choc.

En écrivant ces lignes, je me dis que vous vous demandez probablement: Pourquoi j’ai fait une série d’articles sur la vente de savons dans un événement d’envergure, si je viens de vous dire que je n’y retournerai plus?

Je vous réponds donc : Excellente question!

En fait, j’ai écrit tous ces articles parce que j’aime écrire. Probablement autant que j’aime faire des savons. J’aime aussi transmettre mes connaissances et donner des conseils et parfois aussi mon opinion.

Mais j’ai aussi écrit ces articles parce que j’aime expliquer en prenant les savons comme point focal ce qui est d’abord et avant tout une histoire de gestion de projet. Une autre de mes passions.

Et parce que cette expérience, autant l’endroit que l’envers de la médaille, mérite d’être racontée. J’ai apprécié les vivre.

Ce n’est pas parce que je considère avoir  été traitée injustement que je vais arrêter de faire ce que je fais.

Je sais aussi que cette expérience, autant l’endroit que l’envers, pourra servir un jour.

Si c’est le cas, si vous avez donné autant et avez été traité injustement n’oubliez pas:

Vous avez accompli quelque chose. Ne laissez personne vous empêcher d’être fier d’avoir partagé votre passion au plus grand nombre de personnes possible. Bravo pour ce que vous avez fait.

D’un autre côté, si vous avez donné autant et vous avez vécu une super expérience, pleine de rebondissements amusants et motivant;
Bravo pour ce que vous avez fait.

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Cet article termine la série d’articles sur Vendre des savons dans un événement d’envergure.

J’espère que vous avez aimé cette série autant que j’ai eu du plaisir à l’écrire.

Vous avez des suggestions d’articles, vous voulez en savoir plus sur un aspect en particulier?

Si c’est le cas, confiez-vous à moi dans la section des commentaires. 😉