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Causerie des artisans

Être entrepreneur, ça veut souvent dire de sortir de sa zone de confort.  Dans mon cas, c’est lorsque viens de le temps de vendre. Même si, d’une certaine façon, c’est plus facile de trouver des arguments parce je vends des produits que je fais moi-même, vendre pendant de longues périodes n’est pas toujours une sinécure. Il faut se réinventer, ajuster son discours, prévoir et savoir parfois, éviter le pire.

Ces dernières années,  je partais de loin. J’ai progressé dans ce domaine, mais c’est encore un apprentissage exigeant humilité et patience.

Je le sais. Et toute aide à ce sujet est appréciée.

Ainsi, il y a un mois une invitation irrésistible est arrivée dans ma boite de courriel. Le Quartier Artisan (propulsé par le Centre Magnétique voir Notes en bas de page) effectuait sa première grande tournée d’information en nous invitant à une soirée de Causeries pour Artisans.

Le thème était (et je vous le donne en mille) : Développer ses ventes!

L’invitation précisait que l’événement avait lieu un jeudi de mai en début de soirée et au centre-ville de Québec.

Dans la minute qui a suivi la lecture du courriel, j’avais acheté mon billet.

J’ai quitté le bureau enthousiaste et le sourire aux lèvres. J’en ai même profité pour me promener dans ma ville, aidant au passage un touriste coréen qui cherchait à prendre la meilleure photo de Québec qu’il a qualifié à plusieurs reprises de ‘beautiful’.

Indeed.

C’est dans cet état d’esprit que je suis arrivée sur place, à l’auberge de jeunesse, rue Sainte-Ursule.

Une fois sur place Cécile Branco-Côté, Co-directrice générale du Quartier artisan accueille chaleureusement chacun des participants.

Déjà, les “causeurs” nous attendent.

De gauche à droite : Mary Lynn Kimberly Kiley et Émilie Morin (La Fabrique Crépue), Stéphanie Guilbeault (Les TrOnches) et Antoine Théberge (Boutique Artisans Canada).

Je ne savais pas tout à fait à quoi m’attendre. Surtout, je dois vous avouer, j’étais un peu gênée, je suis la Fabrique Crépue depuis un bon bout de temps.

Après avoir causé quelques instants avec mes voisines (et repris contact avec une connaissance), la causerie débute.

Cécile se présente, explique le déroulement de la rencontre, nous présente brièvement le Centre Magnétique et la mission du Quartier Artisan. La soirée a été préparée en collaboration avec  Etsy Ville de Québec.

Présentation des causeurs et première question.

Cette première question, pour casser la glace, fut posée à Stéphanie, après une brève présentation de son produit (Les TrOnches) et de l’évolution de son entreprise (notamment son passage à l’émission les Dragons) :

Comment fait-on pour tester un produit, afin de s’assurer d’avoir à vendre un produit qui fonctionne et qui répond aux besoins de la clientèle?

La compagnie de Stéphanie a subi un boom rapide suite à son passage à l’émission et elle a dû adapter son processus pour en produire rapidement. Malheureusement, cela a entraîné quelques situations plutôt difficiles. Lorsque l’on a à cœur la qualité de son produit et aussi de son service clientèle, il faut parfois faire des choix allant vers la qualité plutôt que la quantité…  À commencer par une confection solide.

Ainsi, pour s’assurer d’avoir le meilleur produit possible, il faut dans les bons comme les moins bons moments être honnête avec soi-même, avec les clients et il surtout savoir adapter son produit à la demande.

C’est pour ça que les commentaires des clients sont si importants. Ils permettent d’ajouter toujours ce petit plus qui rend un produit meilleur. Si on a pas toujours les réponses directement des clients, il faut se mettre dans une dynamique client et se poser la question du genre : Est-ce que je vais faire des ventes avec ça?

Deuxième question, comment fait-on pour savoir si notre produit peut se vendre dans une boutique?

Antoine, nous explique les quelques questions simples à se poser avant d’approcher un propriétaire d’une boutique;

  • Quel est le price range de la boutique? (price range = échelle de prix)
  • Est-ce que le produit “fit” avec l’image de la boutique ?
  • Qui vient acheter dans la boutique en question?
  • Est-ce des hommes, des femmes, les deux en même proportion?
  • De quel(s) groupe(s) d’âge sont ces clients ?
  • Quels sont leurs intérêts ?

Autre question, comment savoir si notre produit peut faire sa place dans une boutique ?

L’idéal est que le produit se détache des autres. Et pour se différencier des autres l’important est de savoir où on veut aller avec le produit (message clair à véhiculer).

La question suivante s’adresse au duo de la Fabrique Crépue.

Quelles sont les nouvelles tendances à tenir compte?

La tendance actuelle est au marbre et à la céramique. On le voit dans la mode, dans les textures, les imprimés. Mais ici, un avertissement. Il faut faire attention de trop verser ou de verser uniquement dans la tendance. Il faut créer avec ce que l’on est.  Savoir être intègre avec soi-même et sa création. Incarner ses valeurs à travers ce que l’on fait et vends.

Ce qui est tendance aussi dans un autre ordre d’idée est de savoir d’où vient le produit.

Comment bien se présenter à un responsable de boutiques? Quel est le discours que l’on doit avoir avec cette personne?

Dans un premier temps, Antoine nous précise qu’il aime travailler avec des gens fiables et organisés. Des gens qui prennent la peine de répondre au téléphone lorsqu’il appelle.

Il aime aussi lorsque les interlocuteurs (artisans) comprennent sa réalité.

Quelle est la réalité d’une boutique?

Une boutique, c’est un espace. Cet espace doit être rentabilisé au maximum. Un coin de la boutique où il y a des produits à vendre signifie que ces produits doivent rembourser le prix de cet espace de vente.

Lorsqu’un artisan arrive devant un responsable de boutique, l’idéal est d’avoir fait les calculs et de pouvoir expliquer des détails du genre :

– Mon produit prends une portion X d’espace et tu vas vendre un montant  Y avec ce produit. Tu vas le rentabiliser dans un temps Z.

La causerie a ensuite laissé place à l’expression de multiples expériences du genre:

…”J’aime bien répondre aux questions des gens ayant besoin d’aide, mais de grâce ne venez pas me demander le nom de mon fournisseur ou comment se procurer une copie de mon patron. 

En tenant compte du temps passé à calculer ma marge de profit et à trouver mon fournisseur idéal, je ne suis malheureusement pas en mesure de partager toutes ces informations sans compensations… “…

(Oh comme je comprends!!!!)

Ensuite : pause.

Une pause ou j’ai pu déguster une fantastique tartelette aux oignons caramélisés et aux fromage blanc. Un vrai bonheur pour les papilles pendant cette belle soirée. Je ne sais plus qui a préparé ces petites bouchées, mais je vous dit un gros MERCI!

Une pause ou j’ai pu échanger avec trois autres artistes dont ma bonne amie Sophie de La touche locale, Audrey et une gentille demoiselle qui fait des bd (les croquis dans son cahier de notes m’ont fait baver d’envie).

Au retour de la pause, nous avons reçu des réponses aux questions suivantes:

  • Comment utiliser les médias sociaux pour amener le lectorat à acheter?
  • Qu’est-ce que la portée dans les médias sociaux? Qu’est-ce que l’engagement?
  • Comment aider les conseillers en vente des boutiques à vendre votre produit?
  • Doit-on toujours se renouveler?
  • Comment faire de l’argent avec un blog?
  • Est-ce que c’est une bonne idée de faire du ‘live’?
  • Comment établir une relation d’affaires ?
  • Comment gérer le refus?

Vous voyez pourquoi je suis si enthousiaste? De VRAIES questions avec de vraies réponses. Des gens sur place pour répondre avec générosité et gentillesse. Je me suis sentie encouragée dans ma démarche d’entrepreneure, soutenue, comprise et surtout, entourée et plus seule devant mon parfois grand désarroi.

Ce qu’il me reste  comme impression de cette soirée?

La convivialité de la salle, la pertinence des questions et la générosité des “causeurs”.

Ce n’est pas facile de vendre, encore moins lorsque ce que l’on aime c’est créer (histoire vécue ici) Mais ça s’apprends! Et surtout surtout! Nous ne sommes pas seuls à vivre des difficultés, des moments d’incertitudes. Il ne faut par oublier qu’il y a ici des gens prêts à nous aider.

Pour terminer je vous suggère fortement de suivre les publications du Quartier Artisan. Leur contribution est essentielle à la création d’une société constituée de la création des gens d’ici et de gens pour distribuer cette création aux québécois.

Car au-delà de cette contribution, il y a la générosité derrière l’intention,  l’expérience et le savoir-faire des organisateurs, qui ont su faire de cette soirée un succès complet.

….

Les photos (sauf celle du titre) sont une gracieuseté de l’équipe de Les TrOnches.

 

Notes

En savoir plus sur le Quartier artisan

Le Quartier Artisan se donne comme défi d’amorcer un virage culturel chez les Québécois.

Le but : Allier artisanat et entrepreneuriat et inciter les artisans à passer à l’étape suivante, l’échelle mondiale.

Sources :

 En savoir plus sur la Fabrique Crépue

Leur Site

Les auteurs

Compte Instagram

L’article publiée par la Fabrique sur les autres trouvailles de Plein Art en 2016  – Dans cet article, on parle de Savons Nausica  😉

En savoir plus sur Les TrOnches

En savoir plus sur la boutique d’Antoine.